CRÉ(M)ATION :
UNE ENQUÊTE ENTRE FOI ET TÉNÈBRES
Quarante ans. Quatre meurtres officiellement attribués à un mystérieux criminel. Des victimes retrouvées dans des églises parisiennes et des scènes de crime dont la mise en scène semble directement inspirée de la religion et du satanisme.
Alors que le passé semble refaire surface, le 36 va devoir reprendre une affaire que personne n'a jamais réellement réussi à résoudre. Et cette fois, le capitaine Michel Darros devra également affronter ses propres démons. Voici le troisième tome de la trilogie du 36 : CRÉ(M)ATION d'Olivier Patry
Un tueur que personne n'a jamais réussi à arrêter
Depuis plus de quatre décennies, le mystérieux « Diable de Paname » un homme insaisissable est soupçonné d'être derrière plusieurs meurtres particulièrement barbares.
Aujourd'hui, une nouvelle victime vient d'être découverte dans une église. Le père Agol a été retrouvé à genoux, un blivet, cette fourche associée au Diable, planté dans le dos. Face à lui, un mannequin portant un masque de démon. Au sol, une Bible brûlée, une croix satanique et un cierge marqué de trois six. Le mode opératoire ressemble étrangement à celui des crimes précédents.
En janvier 1986, un homme d'Église avait été retrouvé étranglé avec une corde hérissée d'épines, une croix clouée sur le front. En janvier 1993, un autre prêtre avait été retrouvé dans un confessionnal, tué dans une mise en scène particulièrement macabre. En janvier 1999, un prêtre avait été égorgé, la plaie remplie d'hosties.
Quatre affaires, quatre scènes de crime, quatre dimanches de janvier et toujours cette même signature.
Mais les enquêteurs ne savent pas encore s'ils ont affaire à un seul tueur ayant traversé les décennies ou à plusieurs imitateurs. L'ADN retrouvé sur les différentes scènes constitue pourtant un élément qu'il va falloir comprendre.
Le capitaine Michel Darros prend la direction de l'enquête, épaulé notamment par une nouvelle recrue dans l'équipe du 36 : Tanguy La Fournaise.
Toute l'équipe se mobilise : interrogatoires, recherches d'empreintes, analyses ADN, témoignages et reconstitution des faits. Chaque détail peut permettre de comprendre le lien entre ces crimes.
Peu à peu, certains éléments commencent à se rejoindre. Les victimes ont notamment un point commun troublant : leurs prénoms correspondent à ceux des apôtres de Jésus. Les crimes semblent suivre également une temporalité précise. Pour le 36, il ne s'agit donc plus seulement de résoudre un meurtre. Il faut comprendre la logique qui se cache derrière plusieurs décennies de crimes et déterminer si tous ces éléments appartiennent réellement à un seul et même plan.
Mon avis sur CRÉ(M)ATION
Religion chrétienne, satanisme, serial killer, histoire, enquête et une touche de paranormal : CRÉ(M)ATION clôt la trilogie d'Olivier Patry avec une intrigue particulièrement documentée et une nouvelle plongée dans les ténèbres.
Ce troisième tome m'a particulièrement intéressée par tout le travail documentaire autour de la religion chrétienne. On apprend énormément de choses au fil de l'enquête et j'ai trouvé que ces informations étaient bien intégrées à l'histoire. Malgré la noirceur des crimes, cet aspect historique et religieux apporte une véritable richesse au récit.
Les scènes de crime sont, une nouvelle fois, particulièrement difficiles. Olivier Patry ne ménage absolument pas ses personnages et leur fait subir des situations d'une violence extrême. La mise en scène des meurtres atteint ici un niveau d'horreur particulièrement élevé.
J'ai également apprécié cette sensation de frôler le paranormal. Chaque fois que les enquêteurs pensent tenir le début d'une piste, certains éléments donnent presque l'impression qu'une explication rationnelle ne suffira peut-être pas.
Michel Darros est lui aussi très différent. Malade, affaibli par son cancer et les traitements, on le sent diminuer au fil du récit. Il devient plus aigri, plus agressif avec son équipe, et cette fragilité physique et morale apporte une dimension supplémentaire au personnage.
J'ai aimé retrouver cette place importante accordée à la vie des enquêteurs, déjà présente dans les précédents tomes. On ne suit pas uniquement une affaire criminelle : on accompagne aussi des personnages qui ont leurs propres blessures et leurs propres difficultés.
L'intrigue tourne véritablement autour de la religion et de ses symboles, avec un tueur dont la noirceur semble parfois dépasser ce que l'on peut expliquer rationnellement. Son regard, ses actes et les mises en scène qu'il laisse derrière lui entretiennent constamment cette impression d'avoir affaire à quelqu'un qui aurait pactisé avec le Diable.
Et c'est peut-être ce qui m'a le plus marquée dans ce dernier opus : l'auteur ne fait aucun cadeau à ses personnages. Il les pousse dans leurs retranchements et leur fait traverser des situations particulièrement éprouvantes.
Avec CRÉ(M)ATION, Olivier Patry propose ainsi une enquête sombre, très documentée et particulièrement macabre, qui mêle religion, histoire et serial killer tout en laissant planer jusqu'au bout cette frontière entre le rationnel et le paranormal. Une trilogie coup de coeur, que vous pouvez poursuivre avec Le Numismate.
Extraits du roman
Le “Diable de Paname”, L’homme, à qui la presse avait donné ce sobriquet presque gentillet, avait défrayé la chronique à quatre reprises au cours des quarante dernières années, et entendre son nom aujourd’hui dans la bouche du commissaire Boissault n’augurait rien de bon.
Putain de merde, vous ne connaissez pas ce dossier depuis le temps ? s’emporta le commissaire. C’est toujours le même topo. Une église, un prêtre exécuté dans d’atroces souffrances, l’index de la main droite manquant, une Bible au sol avec une croix à l’envers et le chiffre de Satan gravé sur un cierge. Nom de Dieu, chez les flics, tout le monde est censé connaître cette histoire.
Janvier 1986, la victime est retrouvée, étranglée par une corde pleine d’épines avec une croix clouée sur le front. Janvier 1993, c’est un curé sodomisé par un immense crucifix qui est découvert dans le confessionnal d’une l’église. Le gars s’était vidé de son sang et on a retrouvé un cierge profondément enfoncé dans sa gorge. Janvier 1999, des paroissiens trouvent leur prêtre égorgé avec un nombre incalculable d’hosties débordant de la plaie béante.
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