Roman : La mort m'accompagne • Nicolas Bouquillon

Roman : La mort m'accompagne • Nicolas Bouquillon - Avis Chronique Lecture

LA MORT M'ACCOMPAGNE : LE THRILLER
HISTORIQUE DE 
NICOLAS BOUQUILLON


Avec La mort m'accompagne, Nicolas Bouquillon signe un thriller mêlant enquête criminelle, histoire de France et sociétés secrètes. Il s'agit du 3e roman avec les personnages de Pharaon Tarlais et la capitaine de police Gloria Novacek. Derrière une série de meurtres particulièrement violents se dessine un mystère où les méthodes d'exécution semblent directement inspirées du XVIIe siècle. Entre codes gravés dans la pierre, références aux Trois Mousquetaires, anciens supplices judiciaires et organisation mystérieuse, le roman nous entraîne dans une intrigue richement documentée qui questionne la notion de justice, de fanatisme et d'héritage historique, sans jamais perdre de vue son enquête policière.



Une enquête où l'Histoire éclaire le présent


Une succession de meurtres particulièrement barbares secoue la France. Les victimes ne sont pas choisies au hasard. Après la présidente du mouvement Décolonisés, c'est Étienne Florimont, figure militante écologiste, qui est retrouvé sauvagement torturé à son domicile. Puis vient le tour d'Arnaud Mankiewicz, avant que Justine Fontaine ne subisse exactement le même supplice.

À chaque scène de crime, les enquêteurs retrouvent les mêmes éléments : les jambes broyées jusqu'à l'explosion, une brûlure caractéristique sur l'épaule, la gorge tranchée après la mort et d'importantes quantités d'eau autour du corps. Très vite, la police comprend qu'il ne s'agit pas d'actes isolés mais de la signature d'un même meurtrier... ou d'un groupe organisé.

L'enquête est menée par Gloria Novacek, capitaine de la police judiciaire. Face à ces crimes d'une violence inouïe, elle tente de comprendre le message que cherche à transmettre le meurtrier.

Pendant que les policiers explorent les pistes politiques et idéologiques, Pharaon Tarlais, passionné d'histoire et doté d'un solide esprit d'analyse, est convaincu que les réponses se trouvent plusieurs siècles en arrière. Son raisonnement l'amène à établir un lien avec une mystérieuse communauté appelée les Grands Ordres, dont les origines remonteraient au XVIIe siècle. Persuadé que les méthodes utilisées par le tueur reproduisent les anciens supplices judiciaires, il tente d'alerter Gloria, malgré le scepticisme initial de cette dernière. Entre histoire des Grands Ordres et héritage des Trois Mousquetaires

Au fil de l'enquête, les découvertes conduisent Gloria et Pharaon vers les Grands Ordres, une organisation ancienne vivant discrètement depuis le XVIIe siècle. Les méthodes du meurtrier semblent directement inspirées des pratiques judiciaires de cette époque, notamment avec les supplices, une ancienne torture destinée à extorquer des aveux. Les scènes de crime prennent alors une toute nouvelle signification.

Le récit multiplie également les références aux Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas, faisant du roman un véritable voyage entre fiction historique, réalité et enquête contemporaine.


Roman : La mort m'accompagne • Nicolas Bouquillon - Avis Chronique Lecture

Des personnages aux convictions bien affirmées


Gloria Novacek est une capitaine déterminée qui ne recule devant aucun défi. Pragmatique, elle cherche avant tout des preuves concrètes et refuse de céder aux théories sans fondement. Son engagement et sa volonté d'aller au bout de chaque piste font d'elle une enquêtrice particulièrement investie.

Pharaon Tarlais est un personnage très différent. Intellectuellement rigoureux, il nourrit pourtant un profond syndrome de l'imposteur qui le pousse à remettre constamment ses propres analyses en question. Passionné d'histoire, il préfère souvent les livres aux affrontements directs mais n'hésite pas à prendre des risques lorsqu'il estime avoir découvert une vérité importante.




Mon avis sur La mort m'accompagne


Justice expéditive, souffrance, torture, fanatisme, codes secrets, sociétés anciennes, héritage historique et justiciers autoproclamés sont au cœur de ce nouveau roman de Nicolas Bouquillon.

L'auteur prend le temps d'installer son intrigue sans jamais donner l'impression que le récit s'étire inutilement. Les bases de cette enquête sont solides et permettent de retrouver avec plaisir les personnages déjà rencontrés dans le précédent roman.

L'aspect que j'ai le plus apprécié est tout le travail de documentation. Les nombreuses références historiques, les Grands Ordres, les anciens supplices judiciaires ou encore les liens avec les Trois Mousquetaires apportent une véritable richesse au récit. On apprend énormément de choses au fil des chapitres, ce qui rend l'enquête particulièrement intéressante et donne même envie de (re)découvrir l'œuvre d'Alexandre Dumas ainsi que l'univers du XVIIe siècle.

J'ai également apprécié retrouvé Pharaon Tarlais, personnage attachant malgré ses nombreux doutes et son syndrome de l'imposteur, qui apporte une approche très différente de l'enquête grâce à ses connaissances historiques.

Pour ma part, j'avais toutefois préféré le premier roman de l'auteur (La vérité engendre la haine), dont l'intrigue m'avait semblé plus dynamique et plus riche en suspense. La mort m'accompagne adopte un rythme plus posé afin de développer toute sa dimension historique et documentaire. Cela en fait un thriller plus dense, qui séduira particulièrement les lecteurs appréciant les enquêtes où l'Histoire occupe une place centrale.


Extraits du roman



L’hémorragie avait été terrible, la scène baignait dans une flaque pourpre, contrastant avec le gris du béton au sol. Une fois le corps déplacé, le médecin légiste avait découpé le pantalon aux ciseaux pour le retirer. Quelqu’un avait longuement torturé Étienne. Par un moyen ou un autre, ses membres inférieurs avaient été comprimés jusqu’à l’explosion. Le haut du corps de la victime semblait épargné en comparaison, si ce n’était une large et profonde brulure évoquant vaguement un enchevêtrement de cercles sur l’épaule droite, à peine cachée par le coton déchiré du teeshirt.

Gloria fut saisie de stupeur en s’approchant du corps de Justine Fontaine. La mise en scène reprenait dans les moindres détails le sinistre spectacle des photos sur son ordinateur. Mais ce qu'elle avait devant les yeux était réel. Les jambes explosées, les os perforant la toile du pantalon de soie, l’épaule dénudée sous le peignoir arraché, rien n'avait été épargné à cette pauvre femme. Des filets de sang coulaient le long de son cou, de la même couleur que son rouge à lèvres carmin. Et encore une fois de l’eau, en grosses flaques imprégnant le tapis sur le sol. 





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