DÉFERLANTE : LE THRILLER FAMILIAL
IMPITOYABLE DE CÉLINE DENJEAN
Avec Déferlante, Céline Denjean délaisse l’enquête policière classique pour s’aventurer dans un thriller familial sombre et oppressant. L’intrigue prend racine dans le Finistère nord, un territoire où les paysages maritimes et l’omniprésence de l’océan renforcent l’atmosphère lourde qui pèse sur les personnages.
Au cœur du récit, deux familles que tout oppose, les Chavez et les Delaroche, dont l’histoire commune est marquée par les rancœurs, les secrets et les blessures anciennes. Lorsqu’un drame survient et qu’un enlèvement spectaculaire se produit en plein enterrement, les tensions déjà palpables explosent.
Manipulations, révélations et jeux de pouvoir entraînent les protagonistes dans une spirale incontrôlable où chacun protège ses secrets. Dans ce thriller psychologique, Céline Denjean met surtout en lumière les failles humaines et la violence qui peut surgir lorsque les rancunes accumulées finissent par éclater.
CHRONIQUE ROMAN : DÉFERLANTE • CÉLINE DENJEAN
L’histoire débute en Bretagne, dans le Finistère nord, lors des funérailles d’Alessandro Chavez. Officiellement, le jeune homme est mort à la suite d’une chute survenue pendant un footing. Pourtant, cette explication ne convainc pas tout le monde.
Sa mère, Albertina Chavez, est persuadée que la mort de son fils n’est pas un accident. Le doute la ronge et son regard se tourne rapidement vers sa belle-fille, Cloé Delaroche, une ancienne enfant star devenue actrice célèbre. Leur relation était déjà fragile, notamment parce qu’Alessandro envisageait de divorcer.
Autour du cercueil, les deux familles tentent de garder une façade respectable, mais la tension est palpable. Les Chavez et les Delaroche se détestent ouvertement, nourrissant des rancœurs profondes. Le drame bascule lorsque Cloé Delaroche est enlevée à la sortie de la cérémonie funéraire. Ce kidnapping brutal agit comme un déclencheur. Les accusations fusent, les soupçons s’intensifient et les clans se referment sur eux-mêmes.
Dans la famille Delaroche, Pierrick Delaroche, le patriarche, cherche coûte que coûte à protéger les siens et à préserver l’image du clan. Face à lui, la colère d’Albertina Chavez devient de plus en plus incontrôlable. Convaincue qu’on lui cache la vérité, elle est prête à tout pour comprendre ce qui est réellement arrivé à son fils.
Peu à peu, les secrets enfouis remontent à la surface. Manipulations, menaces et chantage s’enchaînent, chacun essayant de garder l’avantage dans un jeu dangereux où la vérité semble constamment se dérober.
L’enlèvement de Cloé agit alors comme une onde de choc qui fragilise toutes les certitudes. Les alliances changent, les masques tombent et les rivalités familiales prennent une dimension tragique. Au fil des révélations, les personnages se retrouvent piégés dans une mécanique implacable où chaque décision entraîne de nouvelles conséquences. Les rancunes accumulées et les non-dits finissent par former une véritable déferlante de violence et de révélations.
AVIS ROMAN : DÉFERLANTE • CÉLINE DENJEAN
Ce qui frappe surtout dans ce thriller, c’est la manière dont l’intrigue se construit autour des personnages eux-mêmes. Chaque protagoniste possède sa propre vision des événements, ses motivations et ses zones d’ombre. Cette multiplicité de points de vue entretient le doute et nourrit la tension jusqu’aux révélations finales.
EXTRAIT ROMAN : DÉFERLANTE • CÉLINE DENJEAN
De toute façon, ça n’a plus aucune importance, raisonna-t-elle. Alessandro est mort. Il ne peut plus mettre ses menaces à exécution. Certes… Pour autant, ses sinistres agissements n’étaient pas sans conséquence. Le monstre qui se tapissait en elle, insatiable et destructeur, celui-là même qui l’avait conduite dans cette impasse, menaçait de se réveiller. Il lui avait fallu deux années de combat acharné pour parvenir à le repousser au fond d’une petite cave mentale dont elle avait cadenassé la trappe, et il avait suffi d’un coup d’œil sur son téléphone, neuf jours plus tôt, pour en faire sauter le verrou. Le monstre en elle commençait à remuer et grogner. Elle connaissait ses appétits, ses penchants maléfiques. S’il reprenait force et vie… Cloé réprima un haut-le-cœur. Elle ne voulait pas y penser. Non, non et non ! Le monstre ne devait pas se hisser hors de la cave… Si elle ne pouvait détruire ses bas instincts, d’une manière ou d’une autre, elle devait les juguler.


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