LE TUEUR DE LA RN165 : QUAND LA BRETAGNE
TREMBLE SOUS LES PAS D'UN SERIAL KILLER
La Bretagne, ses côtes battues par les vents, ses paysages sauvages… et une route nationale qui devient le théâtre d'une série de crimes d'une rare violence. Dans Le tueur de la RN165, Pierre Pouchairet et Hervé Huguen unissent leurs expertises pour livrer un polar noir, ancré dans un réalisme troublant.
Depuis près de deux ans, des corps de femmes, brûlés et abandonnés dans les fossés de la RN165, cette voie rapide reliant Brest à Nantes, sèment la terreur. Les enquêtes se multiplient, les pistes se brouillent, et le tueur reste insaisissable. Lorsque les autorités décident enfin de frapper fort en constituant un groupe d'investigation mixte, c'est une femme à la réputation d'acier qui en prend la tête.
Un roman noir tendu, rythmé, porté par des personnages forts et une atmosphère bretonne immersive. Une lecture qui accroche dès la première page et ne vous lâche plus.
Chronique : Le tueur de la RN165 • P. Pouchairet & H. Huguen
C'est Léanne Vallauri, commandant divisionnaire de police judiciaire à la tête de l'antenne finistérienne de la DZPJ de Rennes, qui se voit confier cette mission. Blonde, au caractère volcanique, elle a la réputation de ne jamais lâcher une affaire, de mener chaque enquête comme si sa propre vie en dépendait. Elle constitue son équipe avec soin : Isaac, son jeune lieutenant, fiable et modérateur, qui la complète parfaitement dans le travail ; Élodie Quillé, son amie d'enfance devenue directrice de l'institut médico-légal de la Cavale-Blanche, chargée d'examiner tous les dossiers d'autopsie pour en dégager les points communs ; Vanessa Fabre, psychologue au profil hors norme, ancienne experte auprès des forces spéciales et des services de renseignement, colonel de réserve, désormais experte judiciaire, dont le rôle sera crucial pour analyser le profil du tueur et accompagner les proches des victimes ; et Christian Guillemot, major obstiné, honnête et loyal, qui a déjà travaillé sur les premiers cadavres de la RN165.
Parallèlement, Nazer Baron, commissaire mène sa propre enquête sur la disparition, puis la mort de son amies Myriam Seznec, chanteuse intermittente dans un blues band. Myriam avait quitté son domicile pour rejoindre un studio d'enregistrement et n'est jamais arrivée à destination. Son mari, a signalé sa disparition. C'est Cathy, la sœur de Myriam qui alerte Baron.
Un suspect est rapidement identifié à Vannes : François Gélan, au casier judiciaire chargé, agressions, trafic de stupéfiants, tentatives de viol. L'enquête se poursuit et les corps s'accumulent à un rythme inédit : deux victimes en quelques jours seulement. Vanessa analyse le profil du tueur : un homme organisé, méthodique, animé par des pulsions de prédateur mais capable de les maîtriser ; un homme qui étudie son environnement avant de passer à l'acte, qui programme chaque étape, qui connaît parfaitement le système judiciaire et les méthodes policières. Un homme qui hait les femmes et cherche à exercer sur elles un pouvoir de domination absolu. Il joue avec la police, sème de fausses pistes, et semble s'inspirer d'un tueur en série canadien.
Baron, de son côté, reste convaincu que la mort de Myriam ne relève pas du même tueur que les victimes de la RN165 : une intuition qui va faire éclater l'enquête en deux directions, pour le meilleur et pour le pire.
Avis sur le Roman : Le tueur de la RN165
Ce qui frappe d'emblée, c'est l'efficacité narrative. L'ouverture est brutale, sans fard : le tueur en action, un sentiment de plénitude monstrueux après son geste. Le ton est donné. Les auteurs ne cherchent pas à esthétiser la violence, mais à la rendre froide.
Léanne Vallauri est un personnage dynamique et investie : une femme de terrain, entière, qui ne fait pas de concessions. À ses côtés, Élodie et Vanessa forment un trio féminin complémentaire et convaincant, loin des clichés. Le duo d'enquête avec Baron apporte une tension dramatique bienvenue, les deux fils d'investigation avançant en parallèle avant de se croiser.
Le portrait du tueur, dessiné en creux par les analyses de Vanessa, est particulièrement réussi : méthodique, calculateur, conscient de ses pulsions et pourtant incapable de s'y soustraire : un profil glaçant qui renvoie aux grands noms de la criminologie réelle.
Le rythme monte crescendo avec une accélération des meurtres qui crée une pression narrative intense. Les fausses pistes sont bien dosées, et l'on sent que les auteurs maîtrisent parfaitement leurs personnages et leur univers.
Un polar breton solide, noir, et profondément humain dans ce qu'il révèle des failles du système, et des hommes.
Quelques extraits du roman
Le temps n’était pas au recueillement. Il attrapa le cadavre par les chevilles et le tira vers lui sans ménagement. La tête heurta le pare-chocs, puis le bitume. Il traîna la femme au bord du fossé avant de l’abandonner et de repousser la masse inerte d’un coup de talon, elle roula dans l’herbe. Il se pencha dans le coffre pour récupérer un bidon d’essence et asperger le corps. Craquement d’allumette, le souffle produit par l’embrasement le surprit. Des phares apparurent au loin. Pas le moment de rêvasser. Il jeta le bidon dans le véhicule, reprit sa place et démarra jusqu’à la prochaine sortie où il pourrait rebrousser chemin. Sa tâche effectuée, il fut envahi par un sentiment de plénitude équivalent à celui que peut avoir un artisan qui termine un travail de qualité.
On a encore ramassé un cadavre sur la RN165. Il s’agissait de la voie rapide reliant Brest à Nantes. Depuis maintenant près de deux ans, on retrouvait régulièrement les corps carbonisés de femmes assassinées et abandonnées dans des fossés le long de la route nationale. Les enquêtes menées par les différentes unités, police ou gendarmerie, compétentes territorialement, n’avaient pas abouti. Le service finistérien était jusque-là passé à travers, aucune découverte macabre n’ayant été signalée.


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