LES GRIFFES DU PASSÉ
QUAND L'HISTOIRE REFAIT SURFACE
Que peut-il exister comme lien entre une série de crimes commis en Bretagne à la fin du XIXe siècle et des meurtres particulièrement violents survenus de nos jours ? C'est sur cette question intrigante que repose Les griffes du passé, un roman policier signé Pierre Pouchairet et François Lange.
À travers deux enquêtes séparées par deux siècles, les auteurs nous entraînent dans une affaire complexe mêlant crimes rituels, secrets enfouis, sociétés mystérieuses et héritages du passé. Entre Brest, les archives policières et les forêts finistériennes, le récit alterne entre enquête historique et investigation contemporaine pour tenter de percer le mystère d'assassinats dont le mode opératoire semble défier toute logique.
Une découverte macabre qui relance un mystère oublié
Aux côtés de sa fidèle équipe composée notamment de Vanessa, psycho-criminologue et amie de longue date, d'Élodie, médecin légiste, d'Isaac, jeune lieutenant prometteur, ou encore du colonel Erwan Caroff, Léanne tente de comprendre ce qui a pu arriver à la victime.
L'identification du corps apporte un premier élément déterminant : il s'agit de Cédric Vial, journaliste d'investigation indépendant. Un homme habitué aux dossiers sensibles et aux enquêtes dérangeantes. Très vite, les policiers soupçonnent qu'il a découvert quelque chose qu'il n'aurait jamais dû apprendre.
En parallèle, le roman nous transporte à Brest en 1879. Là, nous faisons la connaissance de François Le Roy, inspecteur divisionnaire âgé de 51 ans. Après plusieurs années difficiles, il retrouve une certaine sérénité professionnelle lorsqu'une affaire ancienne ressurgit brutalement.
Deux nouveaux meurtres viennent d'être commis selon un mode opératoire identique à celui attribué vingt ans plus tôt au tristement célèbre "curé fou de Névez". Un enfant et une prostituée avaient alors été assassinés dans des circonstances similaires.
Pour Le Roy, la coïncidence paraît impossible. Quelqu'un reproduit délibérément ces crimes ou poursuit une œuvre criminelle commencée des décennies auparavant.
Son enquête le conduit vers un personnage énigmatique : Eustache d'Aubigné. Plus il creuse son passé, plus les zones d'ombre se multiplient. Au fil des chapitres, les deux enquêtes avancent en parallèle jusqu'à dévoiler progressivement les connexions qui unissent les événements du passé et ceux du présent.
Des personnages portés par leur expérience
Mon avis sur Les griffes du passé
À travers cette intrigue, Pierre Pouchairet et François Lange abordent plusieurs thèmes intéressants : les crimes rituels, les sociétés secrètes, la transmission du passé, les enquêtes historiques, les manipulations et les zones d'ombre de l'Histoire.
J'ai trouvé l'idée de départ particulièrement intrigante. Le parallèle entre les enquêtes de 1879 et celles de notre époque fonctionne plutôt bien et donne envie de comprendre comment les deux récits vont finir par se rejoindre.
J'ai davantage apprécié les passages consacrés à l'enquête de François Le Roy, notamment lorsqu'il cherche à démontrer que derrière les prétendues attaques animales se cache en réalité un assassin méthodique.
En revanche, malgré plusieurs révélations au fil du récit, je suis restée relativement en retrait face à l'histoire. J'ai parfois eu du mal à pleinement m'investir dans l'enquête et certains éléments m'ont semblé complexes à assembler. La multiplication des pistes, des personnages et des liens entre les différentes époques demande une attention constante.
Enfin, la conclusion m'a laissée sur ma faim. Le roman s'inscrit dans la continuité de l'univers des "Trois Brestoises" déjà présent dans Le tueur de la RN165, et la fin ouvre clairement la porte à une suite. Pour ma part, cette absence de véritable conclusion n'a pas renforcé mon envie de poursuivre l'aventure.
Malgré ces réserves, Les griffes du passé propose une enquête originale mêlant thriller contemporain, policier historique et légendes criminelles, avec une atmosphère sombre qui accompagne efficacement ce voyage entre passé et présent.
Extraits du roman
Léanne s’approcha. Le corps déposé sur une bâche était celui d’un homme d’une quarantaine d’années, habillé d’un pull marin, d’une chemise, d’un pantalon en jean et de chaussures de marche. Ça, c’était pour ce qui avait été normal, parce que ses vêtements étaient entièrement lacérés et recouverts de raisinet, sa gorge était ouverte, à la limite de la décapitation, et son visage avait été presque mis à nu. Une vision cauchemardesque.
Ces coups sont létaux, souligna Élodie. Il s’est vidé de son sang en quelques secondes et la colonne vertébrale est fracturée. L’ablation du plastron thoracique démontra un peu plus, s’il en était besoin, la violence de l’attaque subie par la victime : des côtes brisées, les poumons lacérés. Le bol alimentaire laissait supposer que l’homme était décédé peu de temps après avoir mangé.


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