DÉFERLANTE DE CÉLINE DENJEAN :
LES DELAROCHE ET DES CHAVEZ
Présentation du roman Déferlante de Céline Denjean
Le roman débute au cimetière de Plouguerneau, lors des funérailles d’Alessandro Chavez, jeune homme issu d’une famille guatémaltèque installée en Bretagne. Sa mort, attribuée officiellement à une chute, laisse planer le doute, notamment chez Albertina Chavez, sa mère, convaincue que la vérité est ailleurs.
Lors de la cérémonie, Cloé, actrice de cinéma et ex-femme d’Alessandro, est soudainement kidnappée, plongeant les deux familles : les Chavez et les Delaroche, dans une spirale de menaces, de chantage et de révélations.
La famille Delaroche possède un manoir près de Roscoff. Pierrick Delaroche, père patriarcal et patron de presse, tente de garder le contrôle de la situation et de protéger ses enfants. Sa fille Adèle, impliquée dans le journal familial, se retrouve tiraillée entre loyauté et vérité. Son fils Étienne, ainsi que le compagnon d’Adèle, Markus Simon, gravitent autour de secrets longtemps enfouis.
Le fils de Cloé, Gustave, 9 ans, marqué par la mort de son père, se révèle hostile et difficile, son attitude interrogative ajoutant à l’atmosphère oppressante du récit. La progression du roman alterne entre passé et présent, révélant peu à peu des pièces du puzzle familial et les raisons qui ont conduit à l’état de haine et de suspicion actuel.
Au fil du récit, les motivations de chacun se dévoilent - chantages, jalousies, haines anciennes et non-dits - jusqu’à ce que les vérités éclatent, impliquant manipulations et trahisons profondes.
Avis sur Déferlante • Ressenti personnel
J'ai lu le roman Déferlante en audio. Il s'agit d'un thriller familial où les secrets et les rancunes s’entrelacent autour de deux familles : les Delaroche et les Chavez. La plume de Céline Denjean est fluide et naturelle, rendant la lecture extrêmement agréable. Les phrases sont bien tournées et permettent de suivre l’histoire avec une immersion totale, surtout avec la lecture audio. Léovanie Raud qui lit ce roman incarner les personnages et les émotions avec brio. C'est immersif et très agréable à écouter.
Le roman joue avec le passé et le présent, alternant les temporalités pour dévoiler progressivement les motivations et les blessures des personnages. Cette construction narrative est très efficace : elle éclaire les événements du présent tout en donnant un aperçu des secrets et des traumas anciens. Le mélange des histoires, la mort mystérieuse d’Alessandro Chavez, le rapt de Cloé, les enjeux autour de l’héritage et des rancunes familiales... forme un puzzle qui se reconstitue au fil des pages.
Les personnages sont particulièrement bien travaillés. Pierrick Delaroche, patriarche et patron de presse, incarne le contrôle et la protection de sa famille, tandis que Adèle, sa fille, oscille entre loyauté familiale et découverte de vérités dérangeantes. Étienne, son fils, et Markus Simon, le compagnon d’Adèle, complètent cette dynamique familiale déjà complexe. Cloé, confrontée au chantage et au rapt, révèle une facette meurtrie, vulnérable mais déterminée, et Gustave, son fils, est marqué par la mort de son père, affichant un comportement distant et insolent, presque trop mature pour un enfant de neuf ans. Ces portraits apportent de la profondeur et montrent que chaque personnage porte ses propres cicatrices et rancunes.
Les thèmes principaux abordés sont puissants : chantage, rapt, trahison, haine, colère, traumatisme du passé, mais aussi les stigmates du deuil et les conflits familiaux. La tension est palpable tout au long du récit, même si le rythme m’a paru parfois un peu lent. L’action se concentre surtout sur l’intensité psychologique et les interactions entre les personnages plutôt que sur les rebondissements rapides.
Malgré ce rythme modéré, le roman captive par la richesse des personnages. Le final est un peu léger et pas suffisamment construit à mon gooût laissant un goût d'inachevé en bouche. Une sorte de “boîte de Pandore” où chaque secret, chaque haine et chaque mensonge n'a pas totalement trouvé sa place.
En résumé, Déferlante offre une lecture immersive surtout en audio. C’est un thriller réfléchi, qui donne à réfléchir sur les conséquences et le poids des non-dits, et sur la manière dont le passé peut frapper encore le présent.
Extraits du roman Déferlante • Céline Denjean
De toute façon, ça n’a plus aucune importance, raisonna-t-elle. Alessandro est mort. Il ne peut plus mettre ses menaces à exécution. Certes… Pour autant, ses sinistres agissements n’étaient pas sans conséquence. Le monstre qui se tapissait en elle, insatiable et destructeur, celui-là même qui l’avait conduite dans cette impasse, menaçait de se réveiller. Il lui avait fallu deux années de combat acharné pour parvenir à le repousser au fond d’une petite cave mentale dont elle avait cadenassé la trappe, et il avait suffi d’un coup d’œil sur son téléphone, neuf jours plus tôt, pour en faire sauter le verrou. Le monstre en elle commençait à remuer et grogner. Elle connaissait ses appétits, ses penchants maléfiques. S’il reprenait force et vie… Cloé réprima un haut-le-cœur. Elle ne voulait pas y penser. Non, non et non ! Le monstre ne devait pas se hisser hors de la cave… Si elle ne pouvait détruire ses bas instincts, d’une manière ou d’une autre, elle devait les juguler.
Adèle considéra son père avec stupéfaction. Son cerveau peinait à organiser une pensée cohérente. En un quart d’heure, elle avait appris l’existence d’un oncle caché, des aspects inédits de la vie de sa grand-mère paternelle et un pan entier de la jeunesse de son père. Cerise sur le gâteau, celui-ci venait de lui avouer qu’il avait œuvré pour déshériter son frère, provoquant ainsi sa colère. De là à imaginer que Charles avait décidé de récupérer son dû en enlevant Cloé, il n’y avait donc qu’un pas…
Perché sur le socle d’une des trois croix du calvaire jouxtant l’église, Valéry Saint-Vincent observait le parterre bretonnant au milieu duquel naviguaient, sans le moindre complexe ni souci de discrétion, photographes et paparazzis. Enterrement ou pas, douleur ou non, ils n’en perdaient pas une miette, et tous jouaient des coudes pour prendre des clichés qui seraient envoyés le jour même aux différentes rédactions de la presse people française et étrangère – si les larmes de la famille Chavez n’intéressaient guère le grand public, celles de Cloé Delaroche, en revanche, attisaient l’intérêt bien au-delà des frontières de l’Hexagone.


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