LA ROUTE DU DIABLE :
666 KILOMÈTRES VERS L’HORREUR
Avec La route du Diable, Franck Thilliez, qui signe ici sous le pseudonyme de Caleb Traskman, s’aventure pour la première fois aussi franchement du côté du roman d’horreur. Ce récit de 265 pages abandonne les enquêtes classiques pour entraîner le lecteur dans un road-trip aussi isolé qu’inquiétant.
Au cœur de l’histoire : une disparition jamais élucidée, une mère détruite par le deuil, deux passionnés de true crime et une route de 666 kilomètres perdue au milieu de la taïga nord-américaine. Mais ce qui commence comme une enquête destinée à retrouver Iris et Mathis va progressivement glisser vers quelque chose de beaucoup plus étrange. Car sur la route du Diable, le danger ne vient peut-être pas uniquement des hommes qui y vivent.
L'histoire : Une disparition au bout de la route
Tout commence avec la disparition d’Iris Déprez et de Mathis Lefait, un jeune couple parti sur la mystérieuse route du Diable. Leur dernière vidéo les montre au début de cette route, avant une zone totalement privée de réseau. Quelques jours plus tard, leur véhicule est retrouvé vide. Aucun corps. Aucun téléphone. Aucune explication.
Depuis neuf mois, Abigaël, la mère d’Iris, vit avec cette absence. Elle s’est réfugiée dans l’alcool et semble s’enfoncer progressivement dans la dépression.
Lorsqu’elle est contactée par Lily-Lou, passionnée de true crime et membre d’un groupe d’enquêteurs amateurs qui travaillent sur les cold cases, une nouvelle piste apparaît. Une autre disparition, celle de deux jeunes Espagnoles, semble également liée à cette étrange route.
Abigaël accepte alors de repartir sur les traces de sa fille, accompagnée de Lily-Lou, de Dorian, célèbre youtubeur spécialisé dans le true crime, et de Jean-Bernard Lefait, le père de Mathis.
Mais cette route porte décidément bien son nom. 666 kilomètres au milieu d’une nature sauvage, quasiment aucune possibilité de ravitaillement, plus de réseau, des téléphones de secours hors service et une ancienne centrale hydroélectrique abandonnée après un grave accident. Très rapidement, le voyage devient oppressant. L’ambiance est glauque, les comportements étranges et l’isolement total transforme chaque problème en véritable menace.
Peu à peu, le récit quitte le simple thriller pour basculer vers le fantastique. C’est à partir de là que La route du Diable prend une autre dimension. Une question se pose alors ! Que serait capable de faire une mère qui découvre peut-être une solution pour sauver sa fille ?
Mon avis sur le roman: La route du Diable
Extraits du roman :
Abigaël avait alors découvert l’existence de groupes d’individus qui enfilaient leur costume d’enquêteurs en herbe pour résoudre des cold-cases derrière leur écran d’ordinateur. Son cœur s’était serré en découvrant, en en-tête d’un fil du réseau Reddit, « Affaire Iris Déprez et Mathis Lefait ». Des dizaines d’anonymes unissaient leurs efforts depuis six mois pour tenter de comprendre ce qui était arrivé au jeune couple. L’implication de ces amateurs et la qualité des informations qu’ils échangeaient avaient stupéfié Abigaël. Elle avait même vu circuler un extrait de rapport de police locale…
Suite à la disparition du couple, toutes les hypothèses ont fusé, dont certaines farfelues. L’un se serait débarrassé de l’autre avant de se volatiliser. Les deux se seraient suicidés en se jetant dans le torrent. La plus plausible est évidemment le crime. Ils auraient été assassinés, ou enlevés. Ou les deux. Se sont-ils arrêtés en cours de route pour aider leur meurtrier qui simulait une panne ? Sont-ils tombés dans un piège ? Ces questionnements tournent en boucle dans la tête d’Abigaël et la martyrisent.
Longueur de la route : 666 km. Absence prochaine de réseau téléphonique. Route dangereuse, non entretenue, fermée aux touristes. La seule station essence est à 570 kilomètres d’ici. Le tronçon sur les 80 derniers kilomètres jusqu’au lac Skookum (km 666) est le plus difficile. Hydro Solutions recommande un véhicule à 4 roues motrices en raison du gravier très grossier et des nombreux nids-de-poule. Sur ce tronçon, ne pas dépasser les 25 km/h. Cette route est extrêmement isolée. En cas de problème, il existe des téléphones d’urgence répartis le long de la route, tous les 50 km. Attention aux ours.
C’est une situation folle, qui défie l’imagination : ils avancent ensemble, mais à exactement un an d’écart. Devant, la route du Diable s’étire, immuable, indifférente au temps, avec cette promesse d’heures à venir douloureuses, dans le passé comme le présent. Une certitude s’impose alors à Lily-Lou : cette fichue route ne les laissera pas partir. Pas après une telle découverte, capable de changer la perception du monde. »


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