ENTRE DEUX BATTEMENTS :
LE DERNIER THRILLER DE LOÏC GRY
Avec Entre deux battements, Loïc Gry plonge son lecteur dans un thriller où une simple catastrophe agricole devient le point de départ d'une enquête vertigineuse. Entre secrets de famille, héritage viticole, découvertes macabres et manipulations politiques, le roman entraîne progressivement vers une vérité dont personne ne semble vouloir qu'elle éclate. Sans laisser le moindre temps mort, l'auteur installe immédiatement une tension permanente où chaque révélation soulève de nouvelles interrogations.
Quand un domaine viticole cache les pires secrets
Alors que les équipes luttent contre le gel en allumant des feux dans les vignes, Marie est intriguée par une forte odeur provenant de la forêt appartenant à son grand-père. Guidée par cette étrange senteur, elle découvre un bunker récent construit sur les vestiges d'anciennes galeries souterraines. En pénétrant à l'intérieur, elle découvre un passage secret descendant sous terre. Horrifiée par ce qu'elle aperçoit, elle s'enfuit avant qu'une violente explosion ne ravage les lieux. Guillaume perd la vie tandis que Marie survit miraculeusement malgré de très graves brûlures. Quelques heures plus tard, une nouvelle tentative est menée pour assassiner Marie, directement dans sa chambre d'hôpital.
L'affaire est confiée au capitaine Léa Morzuch, officier de la Section de recherches de Mérignac. Très rapidement, l'explosion révèle une découverte encore plus inquiétante : un charnier contenant plusieurs ossements humains est mis au jour sous le bunker. Les enquêteurs découvrent également le corps récent d'un employé du domaine assassiné avec une extrême violence.
Les événements s'accumulent : une explosion, une tentative de meurtre, plusieurs victimes, un suicide, un homicide récent, un charnier, des disparitions remontant sur plusieurs décennies. Chaque élément semble relié à une même vérité soigneusement dissimulée. Au fil des investigations, les analyses révèlent des incohérences troublantes. Les corps retrouvés dans le charnier présentent une décomposition anormalement lente et sont dépourvus de sang, rappelant étrangement une ancienne enquête menée deux ans auparavant sur le redoutable "Tueur de l'Éternel". Les enquêteurs commencent alors à envisager une hypothèse inquiétante : auraient-ils affaire à un second meurtrier ?
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Marie De Montalambert apparaît comme une héroïne profondément résiliente. Malgré ses brûlures, les traumatismes vécus et les menaces qui continuent de peser sur elle, elle refuse d'abandonner. Les souvenirs qui remontent progressivement à la surface deviennent essentiels pour comprendre ce qui s'est réellement passé.
Léa Morzuch est une enquêtrice entièrement dévouée à son métier. Depuis le départ de son mari et l'éloignement de son fils, elle s'est réfugiée dans le sport et dans son travail. Lorsqu'elle mène une enquête, elle se transforme en véritable prédatrice, avançant avec une détermination sans faille. Pourtant, son récent accident en montagne a laissé de profondes séquelles psychologiques, alimentant chez elle une peur constante de mourir avant de pouvoir revoir son enfant.
Mon avis sur Entre deux battements
Dès les premières pages, Entre deux battements entre immédiatement dans le vif du sujet. L'auteur ne laisse aucun temps mort et enchaîne les découvertes qui relancent constamment l'enquête. Secrets de famille, résilience, manipulations politiques, meurtres, disparitions, menaces, pression médiatique et quête de vérité s'entremêlent pour construire une intrigue particulièrement dense.
J'ai beaucoup apprécié cette progression où chaque réponse apporte finalement davantage de questions. L'enquête évolue sans cesse, dévoilant progressivement toute son ampleur et donnant l'impression que chaque découverte ouvre une nouvelle porte vers un mystère encore plus vaste.
Le personnage de Léa Morzuch est particulièrement intéressant. Derrière son image d'enquêtrice redoutable se cache une femme profondément marquée par ses blessures personnelles. Son investissement total dans son travail devient autant une force qu'une manière d'échapper à ses propres souffrances. À l'inverse, Marie De Montalambert impressionne par sa force de caractère et sa capacité à continuer malgré les épreuves qu'elle traverse.
J'ai également apprécié la dimension politique du roman. La volonté d'étouffer certains faits afin de préserver une image publique crédible apporte une tension supplémentaire à une enquête déjà extrêmement complexe. Plus les investigations avancent, plus on comprend que les enjeux dépassent largement les simples crimes découverts dans la forêt.
Enfin, le suspense reste présent jusqu'au bout grâce aux multiples ramifications de l'histoire. Entre les secrets enfouis depuis des années, les souvenirs qui refont surface, les manipulations et les nombreuses zones d'ombre, Loïc Gry construit un thriller efficace qui maintient constamment la curiosité.
Extraits du roman
De part et d'autre du champ de vigne, baignée dans une nuit noire dont l'obscurité contrastait avec le scintillement des flammes, l'imposante forêt du domaine s'érigeait comme un bouclier. Marie hésita, elle jeta un regard en arrière: d'ici, les feux brillaient toujours dans son sillage. S'ils tenaient la nuit, le gel ne triompherait pas ! Lorsqu'elle s'engouffra dans la pénombre, ses jambes s'immobilisèrent. Elle resta un instant, qu'elle ne sut quantifier, tétanisée face à cette forêt. Figée dans ses peurs, accablée par ses souvenirs d'enfance, par les légendes qu'elle et ses cousins se racontaient sur ce bois, Marie était in- capable d'avancer.
Donatien, le propriétaire du domaine, n'avait pas bougé de son panoramique. Il avait scruté la nuit, impuissant face à la colère des éléments. La scène qu'il avait observée avait un goût amer, une désagréable sensation, celle de la culpabilité. L'explosion avait retenti quelques heures plus tôt juste après qu'il eut aperçu Marie, sa petite-fille, affolée entre les vignes. Sa démarche avait intrigué le vieil homme. La jeune femme s'était jetée dans les bras de son mari avant qu'ils ne disparaissent tous les deux dans la forêt.
Seule célibataire de la brigade, son appartement était régulièrement transformé en succursale d’enquête. Sur tout un pan de mur de son salon étaient punaisés, comme des trophées, des articles de presse relatant les grandes affaires traitées par sa sec- tion. Certains auraient pu y voir une forme d’ego surdimensionné, mais Elyes savait que sa collègue ne vivait que pour ça : son travail. Et elle le faisait très bien. Dès le début, Elyes avait apprécié sa cheffe de section. Ils étaient aux antipodes et pourtant, il reconnaissait en Léa une part de lui-même


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