Roman : Un mort à Solidor • Pierre Pouchairet et Éric Halphen

Roman : Un mort à Solidor • Pierre Pouchairet et Éric Halphen - Avis Lecture Chronique PurpleRain

UN MORT À SOLIDOR : UNE CHUTE MORTELLE
QUI CACHE BIEN DES SECRETS


La tour Solidor, joyau de la cité corsaire, devient le théâtre d'un drame lorsqu'un célèbre grimpeur est retrouvé mort à son pied. Tristan Croze, connu pour ses ascensions spectaculaires et suivi par des centaines de milliers d'abonnés, semblait pourtant maîtriser parfaitement ce genre d'exercice. Alors, comment expliquer cette chute fatale ?

Avec Un mort à Solidor, Pierre Pouchairet et Éric Halphen nous entraînent dans une enquête policière où les apparences méritent d'être questionnées. Le commandant Gabin Mournet va devoir enquêter pour comprendre ce qui s'est réellement passé cette nuit-là.



Une chute qui soulève de nombreuses questions


Appelé en pleine nuit, le commandant Gabin Mournet apprend la mort de Tristan Croze, retrouvé au pied de la tour Solidor. Au premier regard, tout laisse penser à un accident d'escalade. Le jeune homme était un grimpeur expérimenté, connu sur les réseaux sociaux, et cette ascension nocturne pouvait simplement être une nouvelle démonstration de ses capacités.

Pourtant, plusieurs éléments viennent rapidement compliquer les investigations. Dans le sac étanche de la victime, les policiers découvrent une banderole portant un message dénonçant les conditions d'extraction des diamants et la misère de ceux qui en paient le prix. Un slogan qui fait écho à une pierre exceptionnelle de 180 carats, au centre d'une exposition et dont l'histoire a déjà fait la une des journaux.

Pourquoi Tristan aurait-il choisi de grimper au sommet de la tour en pleine nuit pour y déployer cette banderole ? Et pourquoi cette action n'apparaît-elle pas dans ses notes habituelles de préparation ?

Au fil de ses recherches, Gabin Mournet découvre d'autres éléments troublants. Une substance grasse est retrouvée sur les mains du défunt, tandis qu'une importante somme d'argent est découverte dans ses affaires. Malgré plusieurs incohérences, le substitut Benjamin Lopez considère la mort comme un accident et ne souhaite pas ouvrir d'information judiciaire pour homicide volontaire. Gabin, lui, n'est pas convaincu. Il décide de poursuivre ses vérifications, quitte à se heurter à une décision qui semble déjà prise. Avec l'aide du major Christian Madec et de Déborah, il décide de continuer l'enquête. 

En parallèle, le récit suit aussi des difficultés plus personnelles. Gabrielle Prigent, juge d'instruction, s'inquiète du comportement de son fils Yann, devenu plus sombre et soucieux depuis plusieurs semaines. Celui-ci est confronté à une situation de harcèlement scolaire, avec la diffusion de fausses informations et de photos intimes sur Internet.

De son côté, Gabin doit également composer avec sa vie de père et les préoccupations liées à sa fille adolescente, Perle. Ces intrigues secondaires abordent les dangers des réseaux sociaux, les violences numériques et les difficultés rencontrées par les jeunes.


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Mon avis : Une enquête policière qui prend son temps


À environ 25 % de ma lecture, je n'avais pas encore véritablement le sentiment d'être entrée dans l'histoire. Les dossiers de Gabrielle prennent beaucoup de place et l'on suit des personnages dont les problèmes semblent, au départ, assez éloignés de l'enquête principale. J'ai parfois eu l'impression que ces passages servaient surtout à étoffer le récit, au détriment de l'avancée de l'intrigue policière.

Le roman aborde pourtant plusieurs thèmes intéressants : le harcèlement scolaire, les fausses informations sur Internet, le trafic de drogue et les cambriolages. Ces différentes affaires apportent de la matière au récit, même si leur place m'a parfois donné le sentiment de m'éloigner de l'essentiel.

Ce que j'apprécie particulièrement, c'est de retrouver plusieurs personnages déjà rencontrés dans les romans de l'auteur. Cela crée un véritable fil conducteur entre les histoires et permet de découvrir ce qu'ils deviennent au fil des enquêtes. On apprend notamment que Gabin Mournet et Léanne Vallauri, la policière brestoise, ont eu une aventure. Ces éléments donnent une continuité à l'ensemble et enrichissent la connaissance que l'on a des personnages.

J'ai également apprécié la découverte de Déborah. Jeune et dynamique, elle travaille aux côtés de Gabin et apporte un peu de fraîcheur à l'équipe. C'est un personnage que j'ai trouvé intéressant et que j'aurai plaisir à retrouver dans la suite.

L'enquête policière trouve sa conclusion, ce qui permet d'obtenir des réponses sur l'affaire au cœur du roman. Mais les auteurs ne ferment pas complètement la porte : une révélation concernant la vie privée de Gabrielle vient relancer l'intérêt et installer un cliffhanger qui donne envie de découvrir le prochain tome.

Au final, Un mort à Solidor propose une enquête mêlant mort suspecte, cambriolages, trafic et tensions personnelles. Si les intrigues secondaires m'ont parfois semblé trop présentes et que le démarrage ne m'a pas immédiatement embarquée, j'ai apprécié de retrouver des personnages familiers et d'en découvrir de nouveaux. La fin apporte une conclusion à l'affaire tout en ouvrant une nouvelle perspective pour la suite. Une lecture qui prend donc tout son sens dans la continuité de la série.




Extraits du roman



 Gabin s’arrêta sur un carnet. Tristan avait l’habitude d’y rédiger des notes préparatoires à ses ascensions. La tour Solidor y figurait. L’inventaire de son sac, l’heure de l’action, en fonction du passage des gardes… Le chemin d’accès, les prises, les temps estimés. Tout… Non… Aucune mention de la banderole. Et, plus surprenant, le jeune homme envisageait une vingtaine de minutes au sommet. Il montra sa découverte à Déborah. — Ça fait beaucoup pour accrocher un morceau de tissu, jugea la jeune femme.

Juge d’instruction à Saint-Malo depuis presque un an et demi, Gabrielle Prigent se dit qu’elle avait bien progressé. Bien sûr, il n’était pas toujours facile de trouver dans chaque dossier les preuves nécessaires ou de déterminer les actes à accomplir. Mais elle avait au moins gagné en maîtrise, en confiance en soi. Surtout, elle éprouvait chaque jour davantage ce petit plus indispensable au bon exercice de son métier : être capable de percevoir quand les gens lui mentaient.





 

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