JUSQU’OÙ IRA LE TUEUR
À LA MARQUE ROUGE ?
Avec La Marque rouge, Cédric Péron signe un thriller sombre et méthodique, où chaque crime semble répondre à une logique implacable. Très vite, nous comprenons qu’il n’est pas question d’un simple enchaînement de meurtres, mais d’un plan longuement mûri, pensé dans ses moindres détails. Entre technologies modernes, sniper, manipulation psychologique et enquête sous haute tension, le roman installe une atmosphère oppressante, portée par un tueur qui ne laisse rien au hasard et une police poussée dans ses retranchements.
Chronique Roman : La Marque rouge • Cédric Péron
Avis Roman : La Marque rouge • Cédric Péron
La Marque rouge explore avant tout la vengeance, la préméditation et la manipulation psychologique. Le roman met en scène un tueur en série d’une intelligence redoutable, qui ne se contente pas de tuer mais cherche à dominer psychologiquement la police. Chaque détail compte, chaque geste est anticipé, et la pression monte à mesure que les victimes s’enchaînent.
La force du récit réside dans cette impression constante que le tueur a toujours plusieurs coups d’avance. Les indices qu’il sème ne sont jamais gratuits et participent à un jeu dangereux avec les enquêteurs. L’enquête devient rapidement personnelle, notamment pour Ana, ce qui renforce la tension émotionnelle et donne une vraie profondeur au récit. Le rythme est soutenu et le sentiment d’urgence omniprésent. Un thriller efficace, sombre et glaçant, où le mal se cache dans la précision et la patience.
Extraits : La Marque rouge • Cédric Péron
Il ne pensait ne pas pouvoir souffrir plus. Il s’était trompé. Il le comprend quand la chaux vive commence à s’attaquer à sa peau, à le mordre, le brûler, le ronger. Il hurle de plus belle. En haut, l’homme au chapeau jubile. Il profite du spectacle. C’est le début du plan qu’il a mis tant d’années à échafauder. Le départ du marathon auquel il s’est si longuement préparé. Voir ce fils de pute se contorsionner de douleur, quel bonheur! Il vide un nouveau sac de chaux, sur le visage cette fois-ci, pour finir en feu d’artifice. [...] Pendant de longues minutes encore, il prend un plaisir fou. Puis il estime qu’il est temps d’en finir.
307 mètres, c’était la distance exacte qui le séparait de sa cible. De sa putain de cible! Avec une pointe de nostalgie, il pensa au temps infini passé à affiner chaque réglage, à apprendre à s’adapter au vent, à doser la pression sur la détente qu’il trouvait parfois trop sensible, parfois trop dure. Il ne le raterait pas. Il crevait d’envie de voir sa tête exploser comme les dizaines de citrouilles et autres cibles sur lesquelles il s’était exercé si longtemps.
Xavier se demandait à quel moment les enquêteurs allaient relier toutes ces morts les unes aux autres, et comprendre… Néanmoins, il espérait qu’ils répondraient à ses attentes, qu’ils ne le décevraient pas, et qu’ils seraient bons. Il faisait tout pour les y aider! Il le fallait. C’était inscrit dans son plan.
C’était pour ce genre d’enquêtes que Flo et elle avaient été recrutés par Ferrak. Elles étaient rares, mais tellement savoureuses. Ce n’était pas le sang qui les intéressait — ils n’étaient pas journalistes —, mais l’aspect intellectuel de la chose, l’empathie. Se mettre à la place du tueur, s’immiscer dans les méandres de son cerveau, s’y enfoncer loin, très loin, et se glisser dans sa peau pour tenter de voir ce que lui voyait était toujours difficile, mais ils excellaient dans de domaine. Comme un don. Parfois, les deux gendarmes poussaient tellement loin, ils «voyaient» tellement de détails qu’ils en ressortaient nauséeux.


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