LES PILIERS DE LA TERRE TOME 3
L’ESPOIR FACE AU POUVOIR
Avec Les Piliers de la Terre - Le Chantier de l’espoir - tome 3, l’adaptation en bande dessinée du roman de Ken Follett poursuit son exploration d’une Angleterre médiévale instable, marquée par les luttes de pouvoir, les drames humains et les ambitions dévorantes. Ce troisième tome approfondit les destins croisés de personnages déjà durement éprouvés, tout en mettant en lumière les obstacles qui freinent la construction de la cathédrale, symbole fragile d’avenir et de renouveau. Une lecture dense, accessible, et toujours portée par une narration claire malgré la richesse de son univers.
Chronique BD : Les piliers de la Terre (tome 3)
Après les violences subies de la part de William Hamleigh, Aliéna et son frère Richard prennent la fuite. Tous deux ont été brisés, physiquement et moralement. Elle, victime d’un viol, lui, mutilé. Leur chute sociale est brutale : enfants d’un puissant seigneur, ils se retrouvent sans ressources, sans protection, et sans certitude sur le sort de leur père, le comte de Shiring.
Les deux jeunes gens rejoignent Winchester dans l’espoir d’obtenir l’aide du roi. Ils souhaitent retrouver des nouvelles de leur père, réclamer un domaine et permettre à Richard d’accéder à la chevalerie. Mais à leur arrivée, aucune reconnaissance ne leur est accordée. Contraints de dormir parmi les pauvres, hébergés par les moines, Aliéna et Richard prennent pleinement conscience de leur nouvelle condition. Leur ancien monde s’est effondré, mais leur détermination reste intacte.
Aliéna parvient finalement à retrouver son père, emprisonné. Affaibli mais lucide, il leur donne ses dernières recommandations : se rendre chez leur oncle, qui lui doit une dette. Un plan fragile, fondé sur l’espoir et les obligations familiales. Mais cette lueur s’éteint rapidement. Leur oncle refuse de les aider et nie toute responsabilité envers eux. Face à cet abandon, Aliéna refuse de céder au désespoir. Elle prend une décision forte et risquée : vendre de la laine pour subvenir à leurs besoins et offrir à Richard une chance de reconquérir son rang. Ce choix marque un tournant dans son parcours, celui d’une femme qui refuse de subir son destin.
Pendant ce temps, à Kingsbridge, le chantier de la cathédrale peine à avancer. Tom le bâtisseur fait face à de nouveaux obstacles : manque de pierres, pressions extérieures, oppositions politiques et religieuses. Si les moines l’aident à trouver les matériaux nécessaires, de nombreuses forces œuvrent dans l’ombre pour empêcher l’édifice de voir le jour. La cathédrale, censée unir, devient un enjeu de pouvoir et de discorde.
Ce troisième tome alterne ainsi entre survie, ambitions contrariées et luttes silencieuses, dessinant les bases d’un affrontement durable entre espoir collectif et intérêts individuels.
Thèmes abordés : reconstruction, résilience, injustices sociales, pouvoir, foi, condition féminine, survie.
Ce troisième tome confirme la qualité de l’adaptation. L’idée d’ouvrir l’ouvrage avec un rappel des événements et des portraits de personnages est particulièrement pertinente, surtout face à un récit aussi dense. Elle facilite l’immersion immédiate et permet de reprendre le fil sans confusion.
Graphiquement, la bande dessinée est très réussie. Les dessins sont soignés, expressifs, et servent parfaitement l’atmosphère médiévale. Les décors, les visages, les scènes de foule ou d’intimité renforcent l’émotion et la gravité du récit.
Malgré le nombre important de personnages, la lecture reste fluide. L’histoire est facile à suivre de tome en tome, sans jamais simplifier à l’excès les enjeux. Aliéna s’impose comme l’un des personnages les plus forts du récit, par sa volonté de se relever et d’agir dans un monde qui ne lui laisse aucune place.
Toujours aussi riche et passionnante, cette adaptation continue de tenir ses promesses. La suite est clairement attendue.





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