Roman : Les disparus de Dinard • Pierre Pouchairet & Eric Halphen

Chronique Roman : Les disparus de Dinard • Pierre Pouchairet

LES DISPARUS DE DINARD
POLICE ET JUSTICE EN PREMIERE LIGNE


Avec Les disparus de Dinard, Pierre Pouchairet et Éric Halphen signent un roman policier profondément ancré dans le réel. À Dinard, station balnéaire élégante et paisible en apparence, une famille entière disparaît sans laisser d’explication. Aucun corps, aucun message, seulement une inquiétude grandissante et des indices troublants. Porté par le regard croisé d’un ancien policier et d’un juge d’instruction, ce premier tome installe une enquête minutieuse où chaque détail compte, entre milieu financier, réseaux criminels et faux-semblants de la bonne société.


Chronique : Les disparus de Dinard • Pouchairet & Halphen


Le commandant Gabin Mournet, récemment arrivé en Bretagne, doit encore prendre ses marques lorsqu'une femme, Sophie Gardel, s’inquiète de ne plus avoir de nouvelles de sa fille Judith et de son gendre Marc Mazières, installés dans leur maison en front de mer à Dinard avec leurs trois enfants, Sybille, Édouard et Louis.

Marc Mazières
, banquier d’affaires évoluant dans les sphères du CAC 40, et Judith, romancière à succès traduite et adaptée au cinéma, incarnent une réussite sociale sans faille. Leurs enfants mènent une vie privilégiée, entre voile, aviation et golf. Rien, en apparence, ne laisse présager une disparition inquiétante.

Accompagné du major Christian Madec, responsable de l’unité locale de police, Gabin Mournet se rend sur place. La maison est vide. Aucun corps, aucun animal, mais du désordre, un morceau de dent ensanglanté et l’absence du bateau familial. Autant d’éléments qui confirment qu’un événement grave s’est produit.

Très vite, l’idée d’un simple départ volontaire est écartée. Aucun problème financier, aucune tension familiale apparente. Pourtant, l’expérience de Gabin Mournet l’incite à se méfier des existences trop lisses. Derrière le vernis, il y a souvent des zones d’ombre.

Parallèlement, une information judiciaire est ouverte. Elle est confiée à Gabrielle Prigent, juge d’instruction au tribunal de Saint-Malo. Installée dans la région depuis deux ans, elle mène sa vie entre son travail, son fils Yann, et un père au comportement mystérieux. Cette affaire de disparition familiale la trouble immédiatement par son ampleur et ses implications potentielles.

Un carton retrouvé chez les Mazières révèle des coupures de presse concernant Abel et Caïn Lemarchand, deux frères impliqués dans un vaste trafic de drogue en Bretagne. Des liens entre le banquier, les trafiquants et une éventuelle taupe au palais de justice soulèvent des questions.

Une vengeance est-elle possible ? Un règlement de comptes, un drame familial, un enlèvement, un meurtre ou disparition volontaire ? Au fil de l’enquête, Gabin Mournet et Gabrielle Prigent avancent avec méthode, entourés de leurs équipes, conscients que la vérité se cache peut-être là où personne ne voudrait regarder.


Chronique Roman : Les disparus de Dinard • Pierre Pouchairet


Avis : Les disparus de Dinard • Pouchairet & Halphen


Les disparus de Dinard aborde des thèmes forts dès les premières pages : disparition familiale, argent, pouvoir, criminalité organisée, faux-semblants sociaux et dysfonctionnements judiciaires.

L’alternance des chapitres, écrits tantôt par Pierre Pouchairet, tantôt par Éric Halphen, apporte une vraie richesse au récit. Le regard policier se ressent dans l’attention portée aux détails du terrain, aux procédures et au quotidien des enquêteurs. L’approche judiciaire, elle, se distingue par la précision des termes, les enjeux de l’instruction et les failles du système.

Cette double plume donne au roman une crédibilité indéniable et une impression de rigueur documentaire. L’enquête progresse sans précipitation, en multipliant les hypothèses : drame familial, vengeance liée au trafic de drogue, trahisons, secrets intimes, réseaux d’influence.

Malgré la dureté des faits, le roman laisse une place importante à la sphère personnelle des enquêteurs. La relation entre Gabin Mournet et sa fille Perle, adolescente de quinze ans, apporte de la légèreté et humanise le personnage, entre doutes, angoisses et besoin de repères.

Un thriller solide, réaliste, qui interroge autant sur la violence que sur l’image que l’on projette aux autres. Un gros coup de coeur. Hâte de lire la suite des aventures de ce duo qui promet de belles heures de lectures à venir. 



Extraits Roman : Les disparus de Dinard • Pouchairet & Halphen



Sans trouver la moindre raison logique à cette disparition ; pas de problème d’argent, des ados heureux, la petite maison du bonheur. D’expérience, le flic adhérait fort peu à ces univers idylliques, il suffisait souvent de gratter un peu le vernis pour tomber sur bon nombre de vices cachés. Alcool, drogue, relations malsaines, jeu, violences… Incroyable comme de braves gens pouvaient être dans la vraie vie des victimes ou des bourreaux. On n’en était pas encore là, mais Gabin pressentait qu’il allait faire face à de multiples mystères.

Il pensa aussi à Perle, ça commençait bien ! Il n’était pas en fonction depuis une semaine qu’il envisageait déjà de se lancer dans une affaire qui lui prendrait… combien d’heures ? Combien de soirées ? Tout cela au détriment de la gamine. Sans compter les collègues, la P.J. telle qu’il l’avait connue n’existait plus. Qui allait vouloir sacrifier sa vie privée pour bosser avec lui ?

Les vagues continuaient de danser autour d’eux, mais, pour Yves et Philou, le monde venait de changer. Ils avaient été des sauveteurs, désormais, ils étaient confrontés à quelque chose de bien plus sinistre. L’océan, qui avait été leur complice, était aujourd’hui le témoin d’un crime. Yves soupira, presque rêveur, regardant l’horizon, là où le ciel et la mer se rejoignaient. L’aventure de pêche s’était transformée en un thriller qui ne faisait que débuter. Il eut une brève pensée pour des copains de l’Île-Tudy, dans le Finistère, Jean et Pierre écrivaient des polars. La prochaine qu’il les verrait, il aurait de quoi leur donner de l’inspiration.

Être juge d’instruction, c’était bien. Non seulement on cherchait la vérité, à supposer qu’elle existe, mais surtout on entrait, quasiment par effraction, dans la vie des gens. On découvrait ce qui les animait et ce qui les rebutait, à quoi ils passaient des heures et comment ils traitaient leurs proches. Cet aperçu, certes, était biaisé : on ne pénétrait que dans les familles accidentées, à l’occasion d’une situation de crise. Néanmoins, Gabrielle considérait que son métier, encore plus que celui de prof, donnait un point de vue privilégié sur les évolutions de notre société. Être juge, c’était bien ; à condition de ne pas sacrifier la femme.





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